La mise à jour du thésaurus documentaire Promosanthes est enfin disponible.Il propose un nombre important de termes ou d'expressions descripteurs qui couvrent le champ de la promotion de la santé.

La promotion de la santé évolue, de nouveaux paradigmes apparaissent et témoignent de nouveaux terrains de recherche et de publications. Toutes ces ressources doivent être encodées et indexées. C'est pour cela que 136 nouveaux termes ou expressions descripteurs ont été ajoutés au thésaurus.

Le thésaurus a été conçu par le réseau WebDOCTES, qui regroupe depuis 30 ans des centres de documentation actifs en promotion de la santé en Belgique francophone.

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Education Santé a publié un article écrit par l'équipe de Cultures&Santé. Celui-ci traite des compétences d'évaluation en situation d'infodémie.

La pandémie de Covid-19 et sa prise en charge sont révélatrices d’inégalités sociales lancinantes au sein de notre société. Les individus et les groupes sociaux, compte tenu de leurs conditions de vie, sont touchés de manière différenciée par le virus et par les mesures prises par les pouvoirs publics pour contenir sa propagation. Genre, âge, logement, travail, revenus, statut administratif… vont déterminer les possibilités de se prémunir de la contagion, d’accéder à des soins et surtout de vivre avec plus ou moins de difficultés cette période de vigilance sanitaire extrême. Dans le domaine de l’information et des compétences d’évaluation de celle-ci, le phénomène épidémique met également en évidence des facteurs de disparités.

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Texte co-signé par les Fédérations bruxelloise et wallonne de Promotion de la Santé

Après la seconde guerre mondiale, sous l’égide de l’OMS, la santé cesse d’être le domaine d’expertise des seules sciences médicales. Elle doit être prise en compte dans toutes les politiques et bénéficier des apports de toutes les disciplines. Pourtant, force est de constater que trois quarts de siècle plus tard, dans le cadre de la gestion de la crise du Covid-19, tel n’a pas été le cas.

Le personnel soignant a réalisé un travail formidable en faisant face à la crise malgré un système d’organisation des soins où les ressources humaines et matérielles (masques, réactifs, respirateurs, etc.), déjà mises à mal avant la crise, ont été extrêmement dépourvues pour contrer la pandémie actuelle. Il aurait pu en être autrement.

Centrés sur la gestion de la maladie, les dégâts collatéraux du confinement sur une partie de la population, n’ont pas été pris en compte. Les professionnel.le.s de la première ligne (personnel des grandes surfaces, infirmièr.es à domicile, intervenant.e.s de l’action sociale, etc.) et les populations les plus vulnérables (les personnes âgées, les sans-abri, les chômeurs, etc.) ont été abandonné.e.s à leur sort. Les choix posés ont abouti à assister, au jour le jour, à l’embrasement des problèmes rencontrés par ces populations. Et les mesures de dé-confinement ont pris la même direction. Elles font fi des problèmes de fracture sociale qui se sont amplifiées et nécessitent que le dé-confinement ne se pense pas uniquement au travers du prisme de l’épidémiologie et de l’économie.

Pourtant, dès le début de la crise, les différents secteurs concernés ont réclamé des mesures leur permettant d’exercer décemment leur profession, sans risquer de devenir les vecteurs de contagion de leur public. De multiples initiatives professionnelles et citoyennes ont vu le jour pour assurer une consultation en ligne, pour désamorcer l’impact mental du confinement et son poids sur les cellules familiales, pour déconfiner virtuellement les personnes, pour confectionner du matériel de suppléance, pour aller à la rencontre des populations vulnérables, etc.

En tant qu’acteurs de promotion de la santé, nous affirmons qu’il est primordial que, tout autant que l’épidémiologie et les soins, ce foisonnement d’initiatives et d’interrogations puisse être entendu et soutenu par nos autorités politiques dont les maîtres mots restent, jusqu’à aujourd’hui, fortement imprégnés d’interdits, de conseils d’hygiène et de relance économique. Comme si le seul devoir des personnes était d’obéir et non d’être considérées comme des partenaires de la lutte pour la santé et de l’amélioration de nos sociétés. Or, le dé-confinement passe aussi par le rétablissement de l’expression des citoyen.ne.s et du débat démocratique. Il nécessite la reconnaissance des aspects sociaux et psychiques de l’épidémie et la reconstruction d’un lien de confiance entre la population et les pouvoirs publics.

La santé n’est pas une absence de maladie. Elle est liée de façon intrinsèque au social et à l’économique. Ce sont nos rapports aux autres qui nous permettent de comprendre, de choisir, de donner de la valeur, de prendre soin. Nos conditions économiques d’existence façonnent aussi notre santé et notre bien-être. Dissocier social, santé et économique, voire les opposer, est source de danger pour la santé. Nous refusons que les citoyenne.s portent seul.e.s la responsabilité du transfert de la propagation du virus. Que l’on stigmatise les comportements « irresponsables » alors que l’État ne semble pas en capacité de mettre en place des réelles mesures de prévention et de protection et que le futur reste incertain.

Ce que nous réclamons, c’est l’anticipation. Anticipation de la crise sanitaire et sociale, anticipation de ses conséquences. Anticiper exige la mobilisation des différents secteurs de la vie mentale et sociale et des différentes expertises disciplinaires pour pouvoir agir de manière plus large sur la santé. Anticiper réclame, dès à présent, de soutenir et pérenniser les modalités de travail qui permettent aux professionnel.le.s du socio-sanitaire de gérer la crise actuelle (consultations à distance, équipe mobile d’intervention, collaboration entre le secteur des sans-abri et de la toxicomanie, etc.). Anticiper permet d’assurer la complémentarité des différents niveaux de pouvoir et des professionnel.le.s de différents secteurs. De considérer les citoyen.ne.s, non pas comme des réceptacles d’anxiété ou des délinquants à rendre dociles, mais comme des forces vives capables de créativité et d’entraide.

Anticiper nécessite la mise en place de stratégies adaptées à chaque situation avec l’aide des professionnel.le.s et publics concernés. Une telle adaptation aurait pu contribuer à éviter des catastrophes telles que celles rencontrées dans les maisons de repos car on se serait rappelé de leur existence et du fait qu’elles étaient le refuge des personnes les plus à risques. Une adaptation de ce type peut amoindrir le choc de crise socioéconomique qui s’annonce.

L’anticipation ne supprimera jamais tous les risques mais elle permettra de les atténuer.

Beaucoup s’accordent pour convenir que cette crise n’est pas seulement sanitaire. Elle s’ancre dans les crises environnementales et socioéconomiques en cours et les aggrave en renforçant les inégalités sociales. Elle éclaire les liens entre les dégradations environnementales et la santé, entre les pollutions atmosphériques, la propagation du virus d’aujourd’hui et les affections bronchopulmonaires de longue date. Les liens entre les conditions de logement et la souffrance psychique, les interactions entre la santé et l’activité économique, entre la santé et l’activité scolaire, entre la santé et la convivialité, etc.

Il est incontestable que les mesures prises pour remédier à la crise sanitaire, si elles étaient essentielles, ont révélé et accru les inégalités sociales de santé. Or les moyens de les réduire sont connus : renforcer la cohésion sociale et la solidarité (et non la charité) en amenant les acteurs communautaires à développer des initiatives dans les quartiers, améliorer les conditions de vie et de travail et l’accès aux biens et services essentiels à la santé (alimentation, éducation, aide sociale, soins, culture), développer le pouvoir d’agir des personnes et des communautés.

La promotion de la santé pose comme principe la confiance en la personne humaine et la reconnaissance de ses potentialités, de ses savoirs et de ses compétences. Elle affirme que la priorité absolue doit être accordée à la lutte contre les inégalités sociales de santé et à la prise en compte des déterminants de santé. Elle rappelle l’importance de donner aux personnes et aux groupes les moyens de participer aux décisions prises pour assurer leur santé et leur qualité de vie.

Comment gérer le flux d'informations sur le Covid-19 ? Omniprésentes, parfois fausses, parfois contradictoires, ces informations génèrent de l'anxiété et peuvent entraver notre capacité à les traiter. Cultures&Santé a réalisé une infographie proposant des clés pour se préserver et garder un esprit critique face aux infos concernant l'épidémie.

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Réduire l'impact de la crise du coronavirus Covid-19 sur les "laissé·es pour compte", les personnes migrantes et/ou issues des minorités ethniques défavorisées

Il est temps d'agir ensemble pour maîtriser le coronavirus Covid-19. Les individus, les familles, les communautés, les Etats et leurs systèmes de santé sont toutes et tous aux prises avec une question commune : Comment briser la chaîne de transmission et réduire le bilan humain ?

Malgré les appels à l’unité, à la solidarité et à la protection de toutes et tous pour lutter contre la pandémie, certain·es pourraient bien être complètement oublié·es et laissé·es pour compte. La solidité de la chaîne de mesures préventives dépend de son maillon le plus faible. S’il cède, nous allons au-devant d’une plus grande catastrophe. Ignorer ou oublier certains groupes de population pourrait non seulement coûter de nombreuses vies en leur sein mais aussi impacter sans aucun doute la maîtrise de la pandémie.

L’Europe compte sur son territoire de nombreuses personnes migrantes et/ou issues de minorités ethniques. Elles se caractérisent par une grande diversité sur plusieurs plans : l’origine, la culture, l’état de santé, le niveau de littératie en santé, la situation économique, l’accès aux droits notamment sociaux et de santé. Elles contribuent largement au rayonnement productif de leur pays d'accueil. Si beaucoup œuvrent au sein de secteurs d’activité essentiels (notamment les soins de santé et le « care »), d'autres se voient détenues, séparées, victimes de discriminations, marginalisées. Et, cette situation au sein de la société les rend particulièrement vulnérables.

De nombreuses études ont montré que les personnes migrantes et/ou issues de minorité ethniques défavorisées se heurtent à des obstacles pour accéder aux services de soins et de prévention. Dans la situation actuelle, ce risque de non-accès s’accroît. Par exemple, de nombreuses personnes présentant des symptômes se verront dans l’incapacité de contacter les autorités sanitaires, d'autres (comme certaines personnes des communautés roms) n'ont parfois pas accès à l'eau ou à des sanitaires ; les personnes migrantes sans papiers n'ont, quant à elles, pas droit aux services de soins de santé et ne sont parfois pas en mesure de respecter les consignes de confinement pour des raisons financières ou de logement non-adapté.

Les personnes cohabitant dans une grande promiscuité et dans des conditions d’hygiène précaires sont particulièrement exposées. Elles risquent à la fois de contracter la maladie et de constituer des foyers de l’épidémie. Un exemple évident est celui des camps de réfugié·es surpeuplés.

Les personnes migrantes et/ou issues des minorités ethniques défavorisées sont particulièrement touchées par les inégalités de ressources pour faire face au Covid-19. A côté des difficultés d’accès aux soins, on peut citer les difficultés d’accéder aux informations et de se les approprier mais aussi des conditions socio-économiques et matérielles (par exemple, l’accès à Internet) plus précaires pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille pendant les périodes de confinement et d'isolement.

Dès lors,

  • 1 : Nous exigeons des mesures pour protéger les personnes migrantes dans les camps, les centres de rétention et les centres d'accueil. Il est essentiel que ces groupes fassent l’objet d’une attention particulière dans les plans nationaux et la mise en œuvre des mesures prises actuellement. Ce sont des groupes à haut risque car ils ne peuvent "s'isoler" ou suivre la "distanciation sociale" recommandée. Comme le risque est plus élevé, le besoin de les protéger est plus grand. Ce sont également des dispositions nécessaires pour protéger le reste de la société. Nous exhortons les autorités à adhérer aux directives de l'OMS à ce propos.
  • 2 : Nous exigeons l'inclusion des personnes migrantes et/ou issues des minorités ethniques dans les mesures de protection qui sont prises en Europe, les campagnes d'information, la prestation de services de santé. Nous demandons la suspension temporaire de toute politique pouvant empêcher les personnes migrantes de suivre ces mesures. Il est impératif que personne ne se sente menacé·e de poursuites ou d'expulsion pendant cette période. Des dispositions doivent être prises dans ce sens.
  • 3 : Nous exigeons un ciblage particulier des activités de promotion de la santé et d'éducation pour la santé pour favoriser l’appropriation des recommandations de protection liées à l’épidémie. Les recommandations officielles doivent être traduites dans toutes les langues pertinentes et la participation des personnes migrantes doit être encouragée. Malgré la sollicitation extrême des services de santé, l’exercice de compétences transculturelles (sensibilité à la diversité) par les prestataires de soins doit être assurée. Pour la diffusion de l'information, des canaux de communication adaptés devraient être sollicités : la société civile, les ONG et les associations liées aux personnes migrantes. Pour ce faire, un financement suffisant doit être prévu.
  • 4 : Nous exigeons la constitution de réseaux nationaux engageant de multiples parties prenantes pour faire en sorte que les mesures prises à l’échelle de la population puissent être suivies par les groupes défavorisés. Cela concerne notamment la distribution de matériel de prévention et de protection, l’accès à la nourriture, à l'eau et au savon. Les professionnel·les, les associations, les relais communautaires au plus près des personnes migrantes doivent être impliqué·es dans cette démarche. Lorsqu'il s'agit de prévenir la transmission du Covid-19 et d’assurer des soins appropriés, il est de la responsabilité des États d’accorder à chacun·e dans chaque pays les mêmes droits et responsabilités.
  • 5 : Nous exigeons que l’Union Européenne apporte une réponse politique à la hauteur de l’enjeu que constitue l’épidémie de Covid-19. Elle doit veiller à ce que tous les États membres disposent d'un budget alloué pour améliorer la littératie en santé des groupes défavorisés et leur accès aux services de soins.

Le virus Covid-19 ne fait pas de distinction entre personnes migrantes et non-migrantes. Alors, travaillons ensemble pour assurer des conditions humaines pour toutes et tous, pour préserver la dignité de chacun·e et pour répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables. La tolérance zéro doit toujours être de mise face à la xénophobie et au racisme. Cela doit particulièrement se vérifier lors d'une pandémie mondiale de cette nature.

Cet appel à l’action a été préparé le 24 mars 2020 par le Comité directeur de la section « Santé des personnes migrantes et/ou issues des minorités ethniques » de l’EUPHA (Association européenne de santé publique) au nom des 1800 praticien·nes, universitaires et chercheur·euses qui la composent.

Traduction libre de Cultures&Santé (27 mars 2020)

Accéder à la version originale (en anglais) >>

Accéder au site Coronavirus : les oublié·es qui recensent les problèmes et les avancées concernant les inégalités sociales face au Covid-19 >>

Cultures&Santé ouvre une nouvelle décennie qui, espérons-le, marquera un tournant décisif vers l'équité en santé. Nous comptons modestement mais avec conviction y contribuer en alimentant une réflexion et une mobilisation critique, et en soutenant des initiatives d'éducation permanente et de promotion de la santé.

Nos prochaines publications s'inscrivent dans ce mouvement. En voici un aperçu :

N'oubliez pas nos prochaines formations sur la littératie en santé et sur l'animation en promotion de la santé.

Restez informé de notre activité via notre site, notre lettre d'information et notre page sur les réseaux sociaux.

Bonne année 2020 à toutes et tous

L'équipe de Cultures&Santé

PromoSanté Île-de-France publie sur son site un entretien avec deux chargées de projets de Cultures&Santé. Le propos concerne la littératie organisationnelle et fait le lien avec la Fiche Lisa n°5 récemment éditée par notre association.

Quels sont les enjeux de la création d'environnements favorables (« pro-littératie ») ? Quels grands principes doivent guider les structures d’accueil du public pour rendre leur structure favorable à la littératie en santé ? Quels exemples de démarches possibles ?

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Pour découvrir tout le contenu du dossier en ligne de PromoSanté Île-de-France consacré à la littératie en santé, c'est par ici >>

Cultures&Santé explicite, dans un article pour la revue Education Santé, le contenu et la démarche de réalisation du guide "Osez le plaidoyer pour la santé : Balises pour une démarche communautaire". Il jette aussi, en guise de conclusion, un oeil sur la matinée de réflexion organisée au printemps dernier à Namur avec les partenaires contributeurs.

COMBELLES R., "Le guide « Osez le plaidoyer pour la santé ! », un soutien à la réflexion et à l’action", in : Education Santé, n°360, Novembre 2019, pp 3-5

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Cultures&Santé offre, dans la revue Education Santé, son regard sur la théorie du nudge en promotion de la santé :

  • Que sont les nudges ?
  • Sur quels mécanismes reposent-ils?
  • Pourquoi prennent-ils une relative ampleur dans le monde de la santé ?
  • Sont-ils compatibles avec une éthique de promotion de la santé ?
  • Constituent-ils des outils efficaces pour réduire les inégalités sociales de santé ?
  • A quelles conditions les utiliser ?

MANNAERTS D., "Nudges-promotion de la santé : Ligne à haute tension", in : Education Santé, n°359, Octobre 2019, pp 9-11

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